J'aime à lire la poésie. Pas d'une traite. Non !. En prenant le temps, en picorant, en feuilletant les recueils et m'arrêtant devant un mot, un vers, une strophe.

La poésie se déguste, se grignote. Comme de petites friandises. Par petites bouchées de mots murmurés ou dits à haute voix.

Cavafis

Kavafis Polis

 

 

Constatin Cavafy est l'un des plus grands poètes de la Grèce moderne. Il a été traduit en français par Marguerite Yourcenar. Voici la traduction de l'un des poèmes que je préfère intitulé :

LA VILLE

Tu dis : « J’irai vers d’autres pays, vers d’autres rivages. Je finirai bien par trouver une autre ville, meilleure que celle-ci, où chacune de mes tentatives est condamnée d’avance, où mon cœur est enseveli comme un mort. Jusqu’à quand mon esprit résistera-t-il dans ce marasme ? Où que je me tourne, où que je regarde, je vois ici les ruines de ma vie, cette vie que j’ai gâchée et gaspillée pendant tant d’années.»
Tu ne trouveras pas de nouveaux pays, tu ne découvriras pas de nouveaux rivages. La ville te suivra. Tu traîneras dans les mêmes rues, tu vieilliras dans les mêmes quartiers, et tes cheveux blanchiront dans les mêmes maisons. Où que tu ailles, tu débarqueras dans cette même ville. Il n’existe pour toi ni bateau ni route qui puisse te conduire ailleurs. N’espère rien. Tu as gâché ta vie dans le monde entier, tout comme tu l’as gâchée dans ce petit coin de terre. »

 

Cette page est dédiée à Virginie. B et ses rendez-vous lectures du samedi.